Innovation Performance 22 May 2017

Et si l’innovation était le nouveau moteur de l’économie belge ?

L’innovation est un gage de compétitivité ! Partant du fait qu’elle consiste à trouver de nouvelles idées, à favoriser les R&D pour renouveler les produits ou les services de l’entreprise ou encore à améliorer le process, l’innovation est surtout un formidable outil de changement.

 Le théoricien américain du management d’entreprise, Peter Drucker, liait d’ailleurs intimement les deux :

  L’innovation systématique requiert la volonté de considérer le changement comme une opportunité !

 L’innovation renvoie donc une image claire de l’état d’esprit d’une entreprise et de son ouverture vers l’évolution. Dans ce contexte, le Bloomberg Innovation Index publié au début de l’année est plutôt rassurant pour notre pays. La Belgique est, selon ce classement économique annuel, le 13ème pays le plus innovant au monde. Certes, derrière l’Allemagne (3ème), la Suisse (4ème) ou la France (10ème) mais devant les Pays-Bas (15ème), le Royaume-Uni (17ème), l’Australie (18ème), le GD Luxembourg (20ème), l’Italie (24ème) ou l’Espagne (29ème)…

Avouons-le sans rougir, c’est plutôt encourageant pour un petit pays comme le nôtre. Avec un indice de 77,18%, la Belgique gagne trois places par rapport à l’édition 2016.

 

Le péril des économies budgétaires 

Le vent de l’innovation porte la Belgique en s’appuyant sur quatre piliers :

  • La forte présence dans notre pays de multinationales à forte volonté d’innovation comme Medtronic (installée à Jette), BASF (8 filiales belges), 3M (Diegem), Google Belgium (Bruxelles) ou Safran (Herstal), par exemple, qui font toutes partie du top 100 des entreprises mondiales les plus innovantes 2016.
  • La nécessité pour les entreprises familiales de trouver des solutions pour pérenniser leur activité et préserver leurs emplois.
  • Le système d’éducation qui, à travers des institutions comme les Ecoles Polytechniques de l’ULB et de l’UCL, l’ECAM ou encore l’Institut Gramme, forme des ingénieurs performants.
  • Les incitants mis en place tant par le fédéral que par le régional pour faciliter le R&D et l’innovation comme l’exonération partielle de versement du précompte professionnel pour le personnel chercheur, la déduction fiscale pour investissements liés à l’innovation, la récente innovation box ou encore des subsides tels que Rise - Innovative Starters créé par InnovIris, l’Institut Bruxellois pour la Recherche et l’Innovation, les subsides à l’innovation de l’IWT (Innovatie door Wetenschap en Technologie) ou encore les aides de la Wallonie via la Direction Générale opérationnelle de l’économie, de l’emploi et de la Recherche…

Cependant, les chiffres enthousiasmants du Bloomberg Innovation Index ne doivent pas être tenus pour définitivement acquis !

En effet, si la Belgique est à la pointe de l’innovation, aucun des piliers de l’innovation n’est inaliénable ! Nous sommes face à une autre réalité : la Commission européenne estime le déficit budgétaire belge à 2,2% pour cette année et à 2,3% pour 2018. Le gouvernement doit trouver le moyen de combler ce déficit, à tout le moins de le limiter. Déjà, les aides, subsides et autres incitants à l’innovation font l’objet d’un contrôle de plus en plus sévère.

 

Mais la tentation pourrait être grande de limiter ces aides, au détriment des PME notamment qui seraient alors face à de sérieux soucis pour innover. Pareillement, la qualité de l’enseignement supérieur belge doit être maintenue. Non seulement il faut continuer à former des ingénieurs de haut-niveau mais aussi inclure des cours centrés sur l’innovation dans les écoles de management.

 

Miser sur une économie de l’innovation

 Tirer le frein de l’innovation pour des raisons budgétaires serait un manque de vision à long terme.

 Plus que jamais, l’innovation doit être pensée en termes de profits et non pas en termes de coûts afin de pérenniser nos entreprises et d’augmenter leur compétitivité.

La Belgique doit miser sur l’innovation, à l’image du Canada dont le gouvernement annonçait, il y a quelques semaines, l’apport de 50 millions de dollars supplémentaires sur 2017 et 2018 ainsi que 900 autres millions étalés sur les quatre années suivantes au Fonds Stratégique pour l’Innovation.